A la suite du précédent article, voici la très rapide synthèse de la suite du brillant ouvrage de Martin Crawford, autour des différents effets, en Europe notamment, du changement climatique, commencé depuis longtemps (ça fait bien 60 ans déjà).

 

 >>> Il faut savoir que... 1° de + dans le nord de la France équivaut environ à un déplacement de cette zone de 150 km vers le sud. <<<

Entre 1950 et 2007, le monde a gagné 0,7° en moyenne. Dans les pôles, davantage. En France métropolitaine, 0,9° en moyenne, pour 1,1° dans le sud-ouest.

Depuis la signature du protocole de Kyoto (1995), les émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) ont augmenté de 35%.

>>> Il faut savoir que... Si les GES sont maîtrisées en 2020/2030, le réchauffement continuera jusqu'en 2050. <<<

Ce qui va arriver de plus en plus fréquemment : des évènements extrêmes de vents, de pluie, de chaleur.

>>> Il faut savoir que... Le Nord de la France correspond aujourd'hui à Bordeaux dans les années 50.<<<

Les données exposées par Martin Crawford sont tirées du Bulletin du Met Office britannique UKCIP08 "Le Climat du Royaume-Unis et ses tendances récentes", pour les quarante prochaines années (à compter de 2017 à peu près) :

* Températures : elles vont augmenter d'autant plus que les GES augmentent : de 2° ou 3° degrés d'ici 2050.

* Effet diurne : Les nuits se réchaufferont + que les jours en hiver, les jours + que les nuits en été.

* Niveau des mers : + 60cm pour 2050.

* Gulf Stream : même s'il défaille, le réchauffement l'emporte.

* Précipitations : plus sec en été (30% de moins dans le sud-est d'ici 2050). Pluies intenses, inondations.

* Hygrométrie : Elle va chuter d'année en année (et davantage en été).

* Couverture nuageuse : Moins importante en été, l'inverse en hiver.

* Vent : Globalement peu de changement. + fort dans le sud et dans le centre en hiver. + de tempêtes.

* Humidité du sol : en baisse en été et en automne, 30-40% de moins en 2050.

* Gel : baisse importante du nombre de jours de gel.

* Saison de croissance : On passe de 50 jours actuellement à 80 en 2050.

 

 

*** Les effets sur les plantes ***

 

* CO2 : effet fertilisant (+10 à 20% de croissance) uniquement si les autres facteurs restent favorables (pas de sécheresse par exemple).

* Températures : Bénéfiques de la même manière.

* Saison de croissance : en moyenne, augmentation de 2 jours par an dans le nord de la France. Toutes les plantes ne réagissent pas de la même manière à un changement de température.

* Dormance : Vernalisation en baisse. On a perdu 10 à 20% (entre 250 et 500 heures) depuis 1960 et on continue d'en perdre 10 à 15h par an. Ce qui fait qu'en 2050, on devrait en avoir perdu de 400 à 600h. Conséquences : la fructification des arbres devient irrégulière, à cause d'un développement anormal des fleurs. Moins de froid fait aussi que la floraison intervient plus tôt, rendant sensible les boutons aux gels tardifs.

>>> Les espèces locales deviennent moins adaptées. Tous ces changements ont un lourd impact sur le choix des espèces. <<<

* Gel : moins de jours de gel.

* Sécheresse : les sols plus secs font que la matière organique se dégrade plus vite.

>>>  Les sols sableux, drainés deviennent plus difficiles à gérer. Le mulch, le couvert végétal, l'absence de labour, sont indispensables dans ces conditions. L'irrigation, par la collecte des eaux hivernales, est une priorité dans la conception. <<<

* Ravageurs : Tous les 10 ans, les végétaux se déplacent de 6km vers le nord, tandis que les insectes se déplacent de 15 à 70km. Leur cycle de vie débute plus tôt alors que celui des oiseaux est un tout petit plus précoce. De cette désynchronisation peut découler des problèmes, certains insectes devenant ravageurs et certains oiseaux disparaissant. Exemple : les larves qui deviennent papillon avant que leur prédateur puisse s'en nourrir.
De plus, les araignées rouges, les pucerons, les thrips, etc, sont régulés par le froid.

* Maladies : avec des hivers plus humides et plus chauds... meilleure survie des spores et des infections. Par exemple, le phytophthora, un champignon lignivore. Des étés plus secs et plus chauds favorisent l'oïdium, la rouille et stressent les arbres, mais peuvent aussi réduire l'apparition de maladies ayant besoin d'humidité, comme la tavelure, le chancre.
Il est possible aussi que le déplacement des maladies puissent faire apparaître des formes hybrides encore inconnues.

* Dormance : (Trois phases pour les vivaces : 1/ repos pour la préparation du printemps. 2/attente. 3/croissance active, interrompue par la diminution des jours, de l'ensoleillement et de la température... Repos + attente = vernalisation. 0 à 5° environ pendant cette phase = OK. Le "besoin de vernalisation" = le nombre d'H dont la plante a besoin à cette température (au moins en dessous de 7°). Le nombre d'heures va diminuant.

Ici, non loin de Nice, les hivers sont très doux, risquent de le rester. Planter des variétés aux besoins de vernalisation plus faibles qu'avant. Chercher au sud du bassin ?

Page 43, on trouve un tableau de 29 espèces avec leur besoin en vernalisation.

 

 

 

La Forêt-Jardin, de Martin Crawford. Partie 1.3 Les effets du changement climatique
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